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Drôles de dames…

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Trois des quatre drôles de dames

Mission réussie, elles y arrivèrent au bout de sept à douze matinées malgré la météo. Pour cacher leur identité, elles devaient donner des signes de faiblesse « féminine » et se faire aider par de braves hommes pour porter leur aile jusqu’au tremplin…
Alex alias Pauline, Dylan alias Fanny et Nathalie alias Célia allaient révolutionner la discipline du delta. Chacune avait sa spécialité : Alex, surnommée la taupe volante, atterrissait roulettes afin de creuser une tranchée dans laquelle elle se cachait une fois posée. Dylan, quant à elle, se posait dans un champ de maïs de trois mètres de haut, dans le but de dissimuler sa base secrète. Et enfin, Nathalie posait dans le marécage (où elle laissait une paire de chaussure à chaque mission) pour passer incognito.
Leur prochaine mission : voler dans des conditions extrêmes : L’HIVER !



Celia

Nom : Célia Billod
Âge :16 ans
Région :Rhône-Alpes
Club : Les Mouettes Rieuses
Nombre de vols : 25
Profession/études : Lycéenne (1re)
Signe particulier : Pas encore de pop corn mais déjà du marécage…
J'ai commencé la pente école vers le 15 août et j'ai, à ce jour, vingt cinq vols au compteur.
Si je vole en delta, c'est parce que j'en ai une énorme envie. Je suis une fille, mais je ne suis pas une « mauviette ». Les garçons n'ont rien de plus que nous ! Pas besoin de super muscles pour faire du delta, juste une bonne condition physique. Là où ils utilisent la force nous utilisons la ruse. Plus de 2000 ans qu'ils se croient supérieurs, c'est bientôt fini, hi hi hi !!!
Pourquoi le delta et pas le parapente ? C'est une question de confiance ; le delta c'est du solide, c'est pas tout « mou ». La vitesse c'est grisant. Le delta donne une impression de glisse extraordinaire. La position allongée me donne l'illusion d'être un oiseau. Je touche du doigt le rêve de l'homme (et de la femme, vous dis-je !!). Je vole dans un silence parfait, « dans la troisième dimension », je suis seule avec moi-même et je ne pense plus qu'à voler : tous mes ennuis de terrienne disparaissent… Je suis libre comme l'air qui me porte. Pas besoin d'une force herculéenne pour lever une petite aile en zicral. Avec mes 50 kg pas de problème et en l'air c'est l'aile qui me porte.
Le seul petit bémol, c'est de remonter l'aile sur la pente école : le remonte-ailes nous aide et la galanterie existe encore .Un sourire aide beaucoup !
Alors, filles ou garçons, venez tous avec nous rejoindre la grande famille des deltistes… en plus on se marre bien !!



Pauline

Nom : Pauline Bourdeaux
Âge :17 ans
Région :Rhône-Alpes (Isère)
Club : Les Mouettes Rieuses
Nombre de vols : 25 à St-Hil' et 3 à Séderon
Aile : j’ai un Mambo
Profession/études : Terminale littéraire, Bac Danse
Projet : dans un futur proche passer le brevet, voler en thermique (mais avec le Bac à passer… j'espère qu'ils m'attendront !!!). Continuer la formation (stage perfectionnement) l’été prochain, puis, après les championnats, le Red Bull vertigo et tout ça...!
À force d’envier les autres, un jour on se dit « pourquoi pas moi ? ».
C’est en ayant des rêves plein la tête qu’un jour on décide de les réaliser. Depuis toute petite, je regardais mon père puis mon grand frère voler avec les membres du club des Mouettes Rieuses. Pendant ce temps, moi, au sol, j’attendais.
Finalement, à l’AG du club en 2005, j’ai annoncé ma motivation pour faire un stage delta… entraînant dans la foulée deux autres filles et un garçon !
Pourquoi le delta ? C’est sûr qu’il y a beaucoup plus de filles qui font du parapente dont l’apprentissage est dit « plus facile » et plus court. Mais le désir de voler « comme un oiseau » (je n’ai jamais vu un oiseau voler assis !) l’a emporté sur la soi-disant difficulté d’un apprentissage plus complet. La logistique delta n’est pas un problème non plus : les voitures de mes parents transportent déjà des ailes !
On a commencé la première semaine de stage avec un groupe d’élèves qui nous a tout de suite mis à l’aise, malgré la différence d’âge (17 ans pour nous contre plutôt 30 pour eux). L’ambiance était très bonne étant donné que nous partagions les mêmes envies, les mêmes peurs, les mêmes doutes… mais aussi le même camping : entraide permanente donc.
Les moniteurs de Prévol (Sam, Gilaï et Alain), très à l’écoute, le sont encore plus lorsqu’on est jeune. Ils nous ont demandé nos motivations, si notre envie de voler était réelle et ont évalué notre capacité à affronter le stress d’un décollage ou de conditions données. Lorsqu’ils ont vu qu’on était déterminées, on a dû faire nos preuves en pente école avant de passer en grand vol. Très présents tout au long du stage, les moniteurs sont très rassurants pendant les grands vols : on ne se rend même pas compte au début qu’on est seule sous l’aile ! Au premier grand vol, j’ai eu l’impression que Sam (au déco) puis Gilaï (à l’atterro) étaient juste derrière moi, me parlant à la radio tout au long du vol. Puis, petit à petit ils parlaient moins pour nous laisser « profiter de notre vol ». Ce n’est qu’une fois posée que l’on se rend compte de ce que l’on vient de faire.
Pendant l’apprentissage on apprend beaucoup sur soi, sur sa capacité à mobiliser son esprit sur ce qu’il faut faire, à savoir réfléchir à la fois vite et posément, et ne pas rester tétanisée en croyant échapper à sa responsabilité de pilote.
Le stage m’a aussi permis d’apprendre à faire confiance aux moniteurs, à faire le nécessaire pour avoir confiance dans le matériel, et finalement aussi à me faire confiance. Avant, je doutais de pouvoir un jour voler de mes propres ailes et encore plus de décoller du tremplin de Saint-Hilaire. Mais au cours du stage, on se sent de plus en plus capable.



FannyNom : Fanny Bouchelta
Âge :17 ans
Région :Rhône-Alpes (Isère)
Club : Les Mouettes Rieuses
Nombre de vols : 22
Aile : j’ai un Nuage acheté à la Coupe Icare
Profession/études : Terminale scientifique
Projet : voler sur plein de sites partout où je pourrai aller ! Et puis une fois que j'en aurai fini avec le bac, passer mon brevet de pilote et, pourquoi pas, un stage perf. !! Mais avant tout j'attends le printemps avec impatience pour profiter des thermiques !!!… et les études ? Bien sûr, mais… pas encore bien décidée...J'ai connu le delta grâce à Pauline et à son père deltiste. Grâce à eux, avec un groupe d'amis, on a eu la chance de pouvoir participer au concours de déguisement de la Coupe Icare 2005 en tant que passagers des biplaces delta. Et c'est après ce baptême génial que j'ai eu envie d'aller plus loin et de faire une formation en delta !
Ce qui m'avait le plus plu dans le delta c'était la sensation de liberté lorsqu'on est en vol et la vitesse qu'on ressent grâce au vent sur le visage. J'apprécie aussi beaucoup la position allongée, spécifique au delta.
La pente école est accessible aussi bien pour une fille que pour un garçon. On a peut-être juste un peu plus de mal à remonter l'aile en haut de la pente, mais un peu moins de mal à se faire aider !
Entre élèves, on s'entraide pas mal, on discute de nos erreurs, de nos doutes. La motivation des autres stagiaires permet de ne pas se décourager après quelques ratés. Une très bonne ambiance règne dans le groupe avec des élèves et des monos très sympas. On passe donc des bonnes matinées sur la pente école jusqu'au premier grand vol et là c'est le rêve, seule dans les airs !
Bien sûr, tout au long de la formation les moniteurs sont là pour nous soutenir, et sont toujours à l'écoute. Trois biplaces étaient prévus dans le stage. Je trouve qu'ils aident beaucoup, on prend confiance en l'aile (le pilote qui nous emmène peut nous montrer quelques petites figures comme le wing-over !), on pilote pendant quasiment tout le vol et on apprend à faire une approche.
On peut dire que le delta est un sport qui apprend la patience ! Après la pente école, on peut attendre plusieurs jours avant de pouvoir faire son premier grand vol à cause du brouillard, de la pluie, etc. On s'habitue aussi à gérer le stress : ça peut servir dans pas mal de situations !



Ella (?) au décollageNom : Ella Tourté
Âge :18 ans
Région : PACA (Var)
Club : Les Ailes du Loup, qui m'ont offert mes deux premiers vols et aiguillée sur Prévol
Profession/études : fac de psycho
Projet : devenir deltiste autonome et peut-être un jour pouvoir emmener quelqu'un en bi…
Fraîchement débarquée de Toulon, je sillonne la gare grenobloise à la recherche du bus qui me mènera sur les hauteurs de Saint-Hilaire-du-Touvet. Sur la route, pas de doute possible : les CX préhistoriques - coiffées de deux ou trois ailes - se multiplient, des dizaines d'affiches annoncent la Coupe Icare, le ciel est parsemé de parapentes... C'est bien le pays du vol libre.
Premier jour : le contact est vite établi. Sur le chemin qui mène à la pente école je découvre Sam, discret mais inoubliable moniteur de pente, suivi comme son ombre de Philippe, moniteur delta en formation, et l'autre élève, Bertrand, parapentiste fraîchement converti, tout droit venu de Normandie.
La première matinée me met K.O. Je rêve déjà d'une douche et d'une sieste, mais la journée est loin d'être finie : 14 h, c'est l'heure de mon premier biplace pédagogique, l'occasion de rencontrer le reste de l'équipe - Gilles, alias Gilaï, sorte de mutant cascadeur/inventeur, et Maître Alain, Jedi du delta – puis de découvrir le déco… Arghh, c'est une falaise !
« Du velours » m'assure-t-on. La tension monte, mais les thermiques aussi et le vol s'avère vraiment jouissif. Après mes premières manœuvres peu réussies, nous atterrissons (sur les genoux) mais une fois au sol, je reste sur un petit nuage…
Mais il faut à présent courir établir un certificat d'aptitude chez le médecin, qui s'écroule de rire devant mes performances d'endurance... Plus calme, la soirée au camping nous permettra de partager nos impressions autour d'un barbecue.
Le lendemain, le rythme est pris. Nous retournons en pente école sans considération pour nos courbatures, puis allons déjeuner à la Grange aux Loups, l'occasion de découvrir les pétaradantes personnalités qui composent l'équipe ainsi que la daube de kangourou. Mais l'après-midi s'avère nuageux et nous le passons à écouter la cithare d'Emmanuel - un bab à barbe, un vrai - jusqu'à ce que la pluie nous tienne reclus sous les tentes.
Troisième jour. Arrivés à la pente, le vent tourne et nous fait replier. L'occasion de discuter et de demander conseil pour améliorer les essais de l'après-midi. Mais le lendemain, c'est la brume qui attaque. Nous passons la matinée à réinventer le monde autour d'un café. En attendant une meilleure météo, nous passons une bonne partie de l'après-midi au local à faire de la théorie. Puis soudain, c'est le branle-bas de combat : le ciel se dégage ! Nous assistons à quelques décollages, puis Sam et moi descendons à l'enclos voisin faire quelques mémorables minutes d'équitation...
Cinquième et dernier jour, samedi. C'est la veille du départ. L'atmosphère du village s'électrise aux prémices de la Coupe Icare. Après la pente matinale, la tartiflette du Chamois sent les au revoir. Mais c'est mon bi de l'après-midi qui finalisera ma semaine. Je rage de n’avoir pu aller jusqu'au grand vol à cause de la météo ! Mais déjà je pense à la suite, avec le club des Ailes du Loup. Ce sont eux qui m’encadrent, qui m’ont envoyée à Prévol, l’école de Saint-Hilaire, et continueront à accompagner ma progression. Dommage de devoir si vite quitter cette planète d'allumés où, pour citer Sam, « on est enfin tous des martiens », mais ce n'est que partie remise…



L'indispensable

 

 

 

 

 

 

 

Les indispensables pour devenir de drôles de dames du delta

  • une tente étanche
  • un camion surprenant
  • pain de mie + St-Morêt
  • chaussettes de rechanges + chaussures étanches !
  • Nutella en quantité gastronomique
  • fringues de stagiaire = pantalon un peu rembourré au niveau des genoux et un pull, pas de polaire (ça glisse sur les montants)
  • couchées à 20 h 30
  • levées 10 min. avant le rendez-vous, course effrénée du camping au local (700 m de descente puis… 1,5 km de montée !)
  • raviolis
  • musique : Cats Stevens, Stone Sour
  • Trois douches pile poil pour nous trois !!
  • boire un petit coup au bar du coin « avec modération » !
  • éviter les colonies de vacances qui viennent au camping
  • mettre ses poubelles en hauteur pour ne pas avoir à les ramasser dans tout le camping à cause des chiens…
  • bien mémoriser comment déplier et replier une aile de pente école
  • ne pas faire tomber la lampe torche dans la casserole d’eau
  • être en bonne compagnie…


Les avantages d’être une fille…

  • il y a toujours des volontaires pour porter ton aile à ta place !
  • bourses Jeunesse & Sports pour la formation
  • on développe tout de suite la technicité de notre gestuelle plutôt que de compenser par la force…


… et les inconvénients

  • on ne nous croit pas quand on dit que l'on vole ! Lorsqu'on appelait pour réserver on ne nous proposait que des biplaces ! Et quand un moniteur de parapente nous voyait dans la voiture il pensait aussi que l'on allait faire des baptêmes !
  • Peut-être un peu plus de temps pour s'habituer au poids de l'aile, mais rien d'insurmontable.

Décembre 2006