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Frédérique Assael : voler, un remède contre la maladie

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(Photo Nicolas Assael - Service de presse Coupe Icare)

Frédérique a grandi sur le plateau de Saint Hilaire le Touvet. Petite, elle est fascinée devant ces engins volants. Mais la peur du vide l’empêche de passer le cap. L’envie et l’excitation prennent cependant le dessus. « Voler est le plus vieux rêve de l’homme. Et j’avais moi aussi envie de me sentir vivre et libre dans les airs »

En 2005, elle décide de s’élancer dans les airs après un stage d’initiation avec l'école Prévol et le maître du coin : Pierre-Paul Menegoz. Elle garde encore sa devise en tête : « il vaut mieux regretter d’être au sol que regretter d’être en l’air ». Prudente et responsable, elle reste à l’écoute du ciel, de la météo et de son corps avant chaque vol. «Si je ne me sens pas, je n’y vais pas. C’est aussi simple que cela »

Frédérique a appris à être à l’écoute de son corps petit à petit. Cette jeune femme de 28 ans est atteinte de la maladie de Verneuil. Cette maladie génétique provoque de douloureux abcès. Elle fait beaucoup souffrir Frédérique. « La maladie s’est déclarée à l’adolescence. J’essaye d’apprendre à vivre avec. C’est parfois très dur car elle prend possession de toute mon énergie, de mon corps. Je me sens totalement impuissante et même parfois dépendante de mon entourage.» Dans sa vie quotidienne, le parapente prend une place de plus en plus grande. « Voler m’a permis d’accepter pas à pas ma maladie. Quand ça ne va pas, je me dis que si je suis capable d’être seule dans le ciel, alors je suis capable de surmonter beaucoup de choses. Voler me redonne confiance. Dans les airs, je me sens bien, j’ai la tête libre et je me sens proche de la nature ».

Impliquée dans la protection de l’environnement, Frédérique aime ce sport qui « ne pollue pas l’air, ne fait aucun bruit et ne dérange pas les oiseaux ». Elle est excitée à l’idée de pouvoir aller à leur rencontre. « Je me retrouve un animal parmi les autres. C’est extraordinaire ! » ajoute t-elle. Et pour partager ses valeurs, Frédérique a été animatrice auprès d’enfants. Elle a monté des projets pédagogiques sur l’environnement afin de les sensibiliser à la fragilité de la nature et à sa beauté.

Les après-midi shoppings, elle les laisse donc de plus en plus de côté. « Dès que je le peux, je préfère maintenant vouer mon temps libre à voler. Je fais volontairement moins de place à des plaisirs matériels pour me concentrer sur du plaisir émotionnel. J’aime les sensations de glisse qui passe par le frôlement de l’air avec les mains, la tête et le corps tout entier. Partager mes émotions avec les copains est beaucoup plus excitant que le lèche-vitrine ! »
Frédérique pratique le parapente toute l'année à Saint Hilaire du Touvet et profite au maximum de l'expérience des pilotes chevronnés du plateau des Petites Roches. Son club, le ParaTeam Club dont elle est aussi vice secrétaire, a organisé sa première sortie entre filles le 28 et 29 Avril au Sappenay (au-dessus du lac du Bourget). Elle voit le parapente au féminin avec un bel avenir. D’autant plus que les filles sont « très bien accueillies » par l’entourage masculin. « Même si elles sont encore minoritaires les hommes sont bienveillant et très contents de voir des visages féminins au décollage. » Elle envisage de participer à la Coupe Icare cette année entre filles ! Elle réfléchit encore à son déguisement …

Juillet 2007