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Maeva Giacometti, acrobate du ciel

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Maeva Giacometti

(Photo David Casartelli - Service Presse Coupe Icare)

Déterminée, passionnée et humble, ces trois adjectifs caractérisent bien la jeune Maeva Giacometti, triple championne de France de parapente et de voltige. A 23 ans, elle défendra prochainement nos couleurs lors de la saison de la coupe du monde de parapente acrobatique (juin/septembre 2007). Elle sera aussi présente à la Coupe Icare, qui aura lieu cette année du 20 au 23 septembre à ST Hilaire du Touvet.

Dans sa vie, Maeva n’accorde que peu de place au repos et jongle avec ses multi activités. Étudiante en informatique par correspondance, compétitrice de haut niveau, monitrice-stagiaire en parapente dans l’école de parapente Flyéo à Annecy et entrepreneur d’une société cartoon communication de création de sites Internet et de marquage publicitaire, cette championne vit à 100 à l’heure. « Tout mon emploi du temps est orchestré autour du vol et des conditions météorologiques. S’il pleut, je travaille mes cours. S’il fait beau je vais dans les airs. »

Née à Barcelonnette, Maeva a grandi dans une famille de sportifs et avec des parapentes plein son ciel. Curieuse, elle décide de se lancer dans le vol libre. Précoce, elle s’élance à 12 ans, seule, dans les airs.

Depuis, elle est une véritable mordue du parapente. Pour elle, ce sport multiplie les atouts. Il permet de voyager dans le ciel et de faire de la distance, mais aussi de s’exprimer en multipliant les acrobaties dans le ciel.

Le vol de distance a longtemps été la spécialité de Maeva. À 17 ans, elle parcourt déjà 80 km en 4h30 dans les Alpes. Soit l’équivalent de la distance entre Grenoble et Valence et du temps entre Montpellier et Dijon.

Voici deux ans qu’elle se lance avec détermination dans la voltige. Sacrée championne de France junior en vol de distance en 2004 et 2005, elle est de nouveau vainqueur en 2006,cette fois-ci en voltige. Ces titres ne l’arrêtent pas. Ils lui donnent des ailes. Maeva passe la plupart des figures comme l’hélico , la spirale asymétrique, ou encore le tumbling. La technique ne lui suffit pas. Elle a entamé un travail sur la fluidité, car « passer une figure est une chose, les enchaîner en est une autre. Il faut automatiquement retrouver la bonne position, la bonne base pour repartir sur une autre acrobatie en toute sécurité ».

Maeva n’a rien d’une tête brûlée. Elle sait que l’assimilation passe par une progression pas à pas. Elle défend aussi l’idée d’apprendre dans la bonne humeur, avec ténacité. Elle a trouvé en Fabien Blanco, cofondateur de Flyéo, le coach qui lui fallait. Elle a donc rejoint le team compétition de cette école de parapente. Elle évolue dans cette école en tant que élève monitrice où elle s’applique à transmettre ses valeurs aux élèves et décrocher le dernier examen du brevet d’état.

L’humilité est à ses yeux une valeur fondamentale pour être un bon pilote. « Il ne faut jamais perdre de vue que, quoi qu’il arrive, ce sont la météo et la nature qui dominent l’homme, et non le contraire. »

La sécurité est aussi essentielle. Le vol libre peut être dangereux s’il n’est pas parfaitement anticipé grâce à une excellente connaissance de l’environnement aérien et en décomposant toutes les étapes d’apprentissage.

Même cette jeune championne, au bout de 10 ans de pratique et avant chaque vol, est extrêmement vigilante à la météo. Même si elle sait analyser les conditions, elle n’hésite pas à demander des conseils autour d’elle. Elle vérifie aussi scrupuleusement si son parachute de secours est bien rentré dans sa poche avant chaque vol.

Pour les compétitions, la marque Mac Para lui a d’ailleurs demandé de porter ses couleurs. Après avoir volé avec les ailes « Mac Para Bitch » de 20 m2, elle vole depuis peu avec les mêmes ailes mais version 18 m2 afin d’avoir encore plus d’énergie et de rapidité d’exécution. Par comparaison, la surface des ailes de parapente pour le vol de distance fait entre 25 et 30 m2.

Elle est également en partenariat avec la marque Sup’air pour les sellettes et les parachutes de secours, ce qui lui permet d’avoir du matériel performant et sécuritaire.

Maeva Giacometti est la seule fille, en France à pratiquer la voltige en compétition. Elle est aussi la seule dans son team « Flyeo ». Un vent de solitude soufflerait-il dans ses voiles ?

Absolument pas. « Je suis très bien acceptée. Et je peux même dire que je suis chouchoutée. Les garçons prennent soin de moi, ils m’entourent et me sont de très bons conseils. »

Maeva cultive cependant sa différence. Elle trouve que les filles parviennent mieux à se détacher du spectacle et du résultat. « Le plaisir de caresser le ciel et de voler est mon moteur principal. Trop de pilotes sont plus casse-cou et trop soucieux de leur performance en tant que telle, donc du résultat. ».
Quand elle s’envole dans les airs, elle s’imprègne de tous les paysages magnifiques qu’elle côtoie , de la vie vue d’en haut. « Mes plus beaux souvenirs de vol ne sont pas dans la perfection de mes figures, mais dans le partage. Le partage du plaisir d’être avec mes amis, dans le ciel et libre comme l’air ! ».
Mais en tant que femme, il existe aussi des inconvénients. En vol de distance, les voiles plus grandes sont plus performantes, ce qui désavantage les poids légers des filles.

Des projets, elle en a plein la tête. Elle est actuellement la marraine d’ELA, association qui se bat pour les enfants atteints par la leucodystrophie pour laquelle oeuvre également Zinedine Zidane. Elle prépare aussi la saison de la coupe du monde de parapente acrobatique en Norvège, en Autriche et en Italie de juin à septembre 2007. L’occasion pour elle de voir du pays vu du ciel !

Après ces compétitions, la Coupe Icare arrive comme la « cerise sur le gâteau » pour Maeva. L’événement est programmé à la fin des compétitions. Il clôture parfaitement sa saison.

Ce rassemblement mondial des mordus du vol libre est un réel moment privilégié pour elle. Elle peut retrouver ses amis, s’amuser et aborder la discipline de façon ludique et sympathique.

Évidemment, elle ne ratera le festival de 2007 pour rien au monde.

Cette grande blonde aux yeux bleus, passionnée du vol acrobatique souligne bien que le parapente reste et restera du plaisir. « Pour l’avenir, j’aimerais que mon entreprise cartoon communication fonctionne bien. Car je veux pouvoir gagner ma vie en dehors du parapente. Ce sport ne doit pas devenir une obligation, mais rester une passion. J’aimerais aussi contribuer avec Flyeo à développer ce sport génial qu’est le parapente ». Passion qui la mène déjà loin, Maeva. Nous lui souhaitons bon vent pour la suite…

Juillet 2007