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2002… Les premiers grands vols d’Hand’Icare

Version imprimableversion PDFDes premiers pas au grand vol… Premières mondiales avec le vol solo de Bruno Josserand, pilote tétraplégique, et de Gisèle Schmitt, première fille paraplégique à voler seule.

Objectifs

L’idée de départ consistait à étudier sur le terrain la faisabilité d’enseigner le vol libre à des personnes à mobilité réduite. En effet, si faire voler en biplace une personne atteinte ou non d’une invalidité est aisé, enseigner une activité telle que le vol libre demande beaucoup de souplesse en terme de matériel et d’encadrement. Aucun antécédent n’existant, ce projet a mobilisé une équipe très motivée et attentive qui réalisera de nombreuses adaptations matérielles et pédagogiques. Le projet s’est déroulé en plusieurs phases…
Phase 1 : appelée pré-stage. Il fallait vérifier avec des pilotes moniteurs valides la mise en place des procédures de treuillage d’un fauteuil roulant adapté à une aile de parapente surfacée en conséquence.
Phase 2 : stage d’initiation et de découverte. Les stagiaires ont pris contact avec le matériel, effectué des contrôles de voile au sol, puis découvert les premiers petits vols au treuil.
Phase 3 : vols en tandem. Les stagiaires ont découvert l’activité en elle-même: vols en atmosphère thermique, prises d’altitude, découverte de l’activité en troisième dimension.
Phase 4 : pilotage en doubles commandes. Les stagiaires approchent le pilotage en grand vol accompagnés de leur moniteur. Ce type d’apprentissage communément utilisé dans les milieux aéronautiques présente l’avantage de la correction des actions sur le fait et la progression est ainsi améliorée.
Phase 5 : le lâcher grand vol. Les stagiaires sont lâchés, guidés en radio comme n’importe quel pilote valide, en treuil ou sur site selon l’emplacement et les critères météos. Ils ont un gros avantage, celui d’avoir satisfait aux exercices de pilotage en tandem.

Grands vols

C’est avec beaucoup d’émotion que nous avons, lors du stage sur Val Louron, finalisé ce projet qui avait débuté en janvier de cette année. Après sept tandems pédagogiques, Gisèle Schmit a volé seule, guidée en radio par Vincent Teulier et Yannick Guyho. Elle a désormais à son actif trois vols, ce qui dépasse nos espérances… Bruno Josserand, absent lors du stage de St-Hilaire, a montré de bonnes aptitudes dès les premiers vols pédagogiques et les adaptations commandes se sont avérées simples et efficaces. Aussi il fut décidé de lui offrir son rêve: voler seul, guidé en radio. Ce jeudi 24 juillet, un pilote tétraplégique a volé, réalisant ainsi une première mondiale! C’est donc prouvé: il est possible d’enseigner le vol libre à des personnes à mobilité réduite. Nous suivrons les progrès de Gisèle et Bruno lors de leurs prochains vols…

En conclusion

Les stages se sont déroulés sans le moindre incident et nous ont laissé penser que cette formation était possible sans risque supplémentaire à celui de l’enseignement aux valides, pour autant que quelques adaptations matérielles et pédagogiques soient mises en place. Les responsables nationaux de la sécurité ont donc demandé au comité directeur, et obtenu, son accord pour considérer l’enseignement du vol libre en parapente aux personnes à mobilité réduite comme une activité fédérale au plein sens du terme. Comme pour les stages précédents, un document et un petit film vidéo seront réalisés. Merci à tous, politiques, bénévoles, enseignants ou aides d’un jour sans lesquels ce projet n’aurait jamais abouti. Merci aussi aux stagiaires d’Hand’Icare pour la joie et l’émotion qu’ils nous ont procurés.