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Valérie : chronique d’une mère ordinaire…

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Valérie

Tiloulou se réveille à 6 h 30, c’est l’heure de sa tétée (je l’allaite encore). Je le recouche.
« Tu vas voler, Maman ?», me demande Poussinette,
« Je vais en montagne me promener et peut-être voler. C’est Papa qui s’occupe de vous aujourd’hui à la maison ».

Et c’est parti pour la Turbie, rendez-vous d’une trentaine de parapentistes et covoiturage jusqu'à Castérino, près de Tende et la vallée des Merveilles (vallée Roya-Bévéra, 06).
Route de montagne, sinueuse, bien dégagée, mais j’apprécie d’être dans le 4x4 d’un parapentiste lorsque nous roulons sur une plaque de verglas. Puis on dépasse l’endroit où, la semaine dernière, un conducteur miraculé a vu sa voiture écrabouillée par un rocher lors d’un glissement de pan de montagne. Un passager trentenaire nous confie qu’il ne se lèverait pas tous les jours à 6 h et qu’il espère que ça va voler aujourd’hui … Je souris doucement : ça fait quand même bien huit cents nuits d’affilée que Poussinette, réglée comme un coucou suisse, nous réveille à 5 : 55 AM, psychologiquement dur !
Un autre nous conte que c’est à Auron (06 aussi) en été qu’il a subi les plus forts thermiques (plus de +10 m/s ! soit 1600 m de gain en un rien de temps, avec une obsession « ne pas sortir, sinon gare au cisaillement »)…
C’est là aussi que je me rappelle que Luc, qui est à l’origine de la transmission de l’info et du covoiturage pour aujourd’hui, a été quatrième à la CFD l’an dernier…et je me demande si je ne me suis pas trompée d’endroit, avec mon mental tourikiki de mère de famille …y a des furieux aujourd’hui. Je ne volerai que si je le sens tranquillou à 100 %.

Arrivée à Castérino : ambiance festive et familiale, jour du Raid du Mercantour. Certains feront quatre heures de VTT sur piste de fond damée, d’autres skieront avec tir à la carabine, notamment pour le relais des familles.
Les parapentistes seront là pour "colorer le ciel bleu", tout au long de la journée.
Vers 9 h, l’ascension des sept cents mètres de dénivelée commence dans une petite vallée blanche, semée de mélèzes givrés. C’est cool, la sente a été plutôt bien damée par d’autres marcheurs, et je n’ai pas besoin de chausser les raquettes…super, elles sont bien sur le dos !
Vers le milieu du parcours, la neige est souple, et l’on s’enfonce ; les raquettes sont appréciées à présent ! Nous traversons la Baisse de Peyrefique et abordons la crête. Dernier raidillon et vers midi, les premiers arrivent au décollage, situé à 2200 m, près du Mont Chajol. On aperçoit de vieux forts, le col de Tende, l’Italie, le Mont Viso…
Vent de face, il n’y a de place que pour deux voiles sur ce décollage relativement raide et court…L’esprit d’entraide, et la dénivelée qui étale naturellement dans le temps les décollages, font que, malgré le nombre, il n’y aucune gêne, et tous sont heureux de s’envoler.

La nature est généreuse et il y en a pour tous les goûts : ceux et celles comme moi (sept nénettes tout de même) qui souhaitent un vol contemplatif partent en premier(e)s et ceux plus chevronnés qui attendent les thermiques …Eh oui, il y en a de beaux ici en hiver en haute montagne, car les faces Sud sont déneigées, ce qui offre un très bon contraste avec la neige ! L’an dernier, des plafonds à 3700 m avaient été réalisés.
Un déco raté, (surprise par la neige un peu profonde qui empêche de se décaler rapidement sous la voile), un coup de main sympa des copains, et me voila en l’air avec un panorama à 360°.

Dans ces moments, j’ai toujours une pensée pour les moniteurs bénévoles de Breitenbach (67) et Catherine qui m’ont fait travailler au sol ; un clin d’œil aussi à Florent, dit Waza, un jour où, avec des potes, on a décollé à Reinhardsmunster : la voile sur un chemin forestier, et le (la) pilote dans un trou entre les ronces !
L’extase se prolonge une demie heure, grâce à quelques bullettes.

Luc emmène la femme d’un ami en biplace voir les chamois, durant 1 h 30.
À l’atterrissage, j’ai le temps de faire connaissance avec Aude et Kris, qui reviennent d’un tour du monde d’un an, parapente au dos, avec un biplace. Ils ont fait découvrir la magie du vol libre à des peuplades vivant dans des endroits reculés ! (Allez vous régaler de leur expérience fabuleuse sur www.airborneplanet.net).

La journée s’achève, mes chauffeurs veulent rentrer assez tôt. Bonne idée, comme ça Tiloulou aura droit lui aussi à sa tétée du soir à 19h. « Maman t’as volé ? C’était souette ? »- me demande Poussinette. Quelques cris de faim, changement de couches, chansons, gros bisous et bonne nuit les petits !

Merci à Luc (président du club « Au Gré De L’Air »), à Pierre Lauzière, et à Richard Colson pour leur gentillesse et leur dynamisme.

A tous ceux qui souhaitent découvrir l’ambiance et le cachet de cet endroit, rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle édition du Raid du Mercantour en février 2007 ! (http://www.raiddumercantour.com/)

Vivent les concepteurs de matériel du XXIe siècle, et vivent tous les « nouveaux papas », polyvalents, investis dans l’éveil de leurs enfants dès le plus jeune âge, et qui encouragent les mamans à s’épanouir !

Valérie, de Mougins (06) – Juin 2006